Sauces
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| - Digestion et cuisson | ||
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Autrefois, la digestion était perçue comme une cuisson des aliments au sein de l’estomac. A chaque aliment était conféré une nature
particulière : chaude, tempérée ou froide, qui lui était attribuée selon sa saveur : âcre, amère, salée, grasse, douce, insipide,
aigre ou acide, austère, acerbe. |
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| - Qualité des épices | ||
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Les épices n’étaient pas choisies au hasard, mais selon leurs propriétés et leur degré de chaleur. |
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| - Associations alimentaires | ||
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La diététique des siècles passés représentait une hygiène de vie, dont l’alimentation était l’une des composantes.
La préparation des aliments reposait sur des principes précis concernant la façon de les cuire et avec quelles épices les préparer.
La viande de bœuf était jugée sèche, elle devait donc être bouillie pour devenir humide. Comme elle était aussi considérée
comme grossière et froide, elle devait être accompagnée d’une sauce chaude, par exemple une poivrade au safran ou une sauce
blanche à l’ail, qui la réchauffe et la rende plus délicate. La grue, froide et sèche, était réchauffée avec des clous
de girofle, du
sel
et du poivre, d’autant plus qu’elle était servie sur les tables aristocratiques.
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| - Epices et classes sociales | ||
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Le contenu des assiettes révélant la classe sociale du mangeur, les mêmes épices ne se retrouvaient pas
toujours dans les mêmes plats. |
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| - Sauces et goûts | ||
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Les assaisonnements de "haut goût" du Moyen Age ont petit à petit fait place à des assaisonnements moins sucrés et
moins parfumés.
Au XVIIe siècle, la mode était, comme plus tard dans la nouvelle cuisine des années 70 en France, à la recherche
du vrai goût,
du goût naturel des aliments que les épices semblaient gâter, ne jouissant plus de la même faveur qu’auparavant.
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| - Sauces et patronymes | ||
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Avec l’essor de l’imprimerie, des livres de cuisine, des
dictionnaires
de langue, puis de cuisine ont été rédigés et diffusés.
L’habitude de donner des noms aux plats, construits sur des patronymes, s’est développée. Ces patronymes sont le
plus souvent
ceux des cuisiniers inventeurs, du noble au service duquel ils officiaient, d’artistes, de courtisanes. Les sauces
sont ainsi dédiées à Messieurs Béchamel, Chateaubriand, Colbert, Duxelles, Godard, Mornay, Soubise, Villeroy.
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| - Sauces d’aujourd’hui | ||
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Aujourd’hui, dans votre cuisine, lorsque vous préparez une sauce, songez-vous à faciliter la digestion de vos convives,
aux odeurs qui parfumeront votre pièce, à l’harmonie des couleurs lorsque vous présenterez votre plat sur la table,
à l’association des goûts, à une boîte de conserve à ouvrir, un tube à déboucher, une préparation toute prête
à réchauffer ? |
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| Recette 1 - Cameline | ||
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"Nota qu’à Tournay, pour préparer la cameline, on broie du gingembre, de la cannelle et du safran, une demi - noix de muscade,
on délaie avec du vin, puis on ôte le tout du mortier. Faites ensuite tremper de la mie de pain blanc non grillé dans de
l’eau
froide, broyez-la dans le mortier, délayez-la avec du vin et passez. Faites bouillir le tout et à la fin ajoutez du
sucre
roux ; c’est ce qu’on appelle la cameline d’hiver. En été, on procède de la même manière, si ce n’est qu’on ne la fait
pas bouillir. En vérité, à mon goût la cameline d’hiver est bonne, mais la recette suivante est bien meilleure encore : broyez
un peu de gingembre et beaucoup de cannelle ; ôtez du mortier et ajoutez du pain grillé trempé ou utilisez beaucoup de croûtons
de pain trempés dans du
vinaigre
et passez." |
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