|
Contenu rédactionnel
Alimentation
Conférences - Ateliers
Education & Culture
Traductions
Guides
|
|
Histoires à illustrer
|
|
J'aimerais beaucoup recevoir vos dessins pour illustrer ces histoires. Vous pouvez
me les envoyer par e-mail :
remarques
|
|
La grand-mère et son chat
|
|
|
Une tornade arrive au-dessus d'un village. Les habitants sont tous partis dans un village voisin,
préparer une grande fête avec les autres habitants. Le village est désert. Seule une grand-mère tricote à sa fenêtre.
Son chat noir, doué d'un sixième sens, vient la voir. Il se frotte en ronronnant à ses vieilles jambes. Elle se penche
pour le caresser. C'est ce qu'il attendait pour lui parler, car il a une toute petite voix et elle est un peu sourde.
- "Mamie, il faut se mettre à l'abri, une terrible tornade arrive. Viens avec moi, je connais un endroit secret et bien
protégé dans la forêt."
La grand-mère a toute confiance en son chat. Elle range son tricot, ferme les volets et les fenêtres, les portes aussi,
et part avec lui en murmurant au revoir à sa maison.
En traversant la place, ils voient une petite fille, avec de grands yeux de curieuse, collée au carreau d'une fenêtre
entrebaillée. D'un bond, le chat saute sur la jardinière de géraniums, passe sa patte dans l'entrebaillement, ouvre la
fenêtre en grand, attrape la petite fille par la peau du cou et saute au milieu de la route.
- "Il faut se mettre à l'abri, Petite Fille,." dit le chat.
- "Une terrible tornade arrive", complète la grand-mère.
La petite fille leur sourit avec gratitude et ils continuent tous trois leur chemin.
Le chat tient son rôle de sauveteur très sérieusement. "Pourquoui es-tu restée au village ? "demande t-il à la Petite Fille.
- "Parce que je voulais voir ce qui allait se passer. J'ai entendu les adultes parler entre eux, dire qu'il fallait tous
partir préparer la fête au village voisin, qu'une seule personne pouvait rester au village et que les ......, là je
n'entendais plus, ils parlaient plus bas, allaient venir, apporter ......, ils baissaient encore la voix, pour la fête.
Alors, je me suis cachée, enfin, avant j'ai fait semblant de partir avec mes amies, puis je me suis cachée et
je suis restée." répondit la Petite Fille.
La grand-mère sourit. "C'était à moi de rester au village, Petite Fille, un jour, ce sera ton tour. Mais d'ici là, il
faudra que tu apprennes...."
- "Hi, hi, hiiiiiiiiiiiiiii" !" Un hennissement de bienvenue interrompt la grand-mère. Devant eux se tient une superbe
licorne à la robe étincelante. La petite fille n'en croit pas ses yeux. La licorne, la grand-mère et le chat semblent
de vieux amis, heureux d'être réunis. Les arbres bruissent de toutes parts, les feuilles glissent, les entourent, volent
d'une oreille à une autre, accompagnées de pétales odorants, délivrant des messages doux et parfumés.
La licorne s'accroupit gracieusement, la grand-mère s'installe sur sa croupe, le chat et la petite fille devant elle.
La forêt protectrice les attend tandis que le ciel se couvre….
|
Copyright : Eglantine
|
|
L’arrosoir
|
|
Certains ouvrent le robinet à fond. D’autres le laissent couler alors que je ne peux plus contenir une seule goutte d’eau.
Je suis toujours éclaboussé. On m’empoigne, on me remplit, on me vide et on me repose. Sans ménagement. C’est ma vie.
Une vie d’arrosoir.
Au fil du temps, j’ai senti toutes sortes de mains. Des fortes, endurcies et calleuses. Des plus faibles, malades de tristesse.
Des mains indifférentes aussi, qui ne s’animent qu’avec le signal du calendrier, au milieu de l’automne.
Ma vie s’écoule… tantôt vide, tantôt plein. Je me penche au-dessus des fleurs. Je les abreuve. De ma pomme jaillissent
mille gouttelettes de vie. Le soir, lorsqu’elles me remercient, leurs arômes se font délicats et mes nuits sont peuplées
de rêves embaumés.
A la saison froide ou lorsque les pluies détrempent les chemins, je me sens délaissé. Mes compagnes fleuries ont disparu.
Seuls quelques chrysanthèmes me regardent fixement, coincés dans leur pot, sans comprendre ce qui leur arrive.
Parfois, c’est pour accueillir une nouvelle plante que l’on me rempli. Incliné vers elle, je lui souhaite la bienvenue
dans ce lieu. Nous y vieillirons ensemble. Chacun selon son rythme d’éternité.
C’est pendant l’été que tout est arrivé. La vieille porte a grincé, s’est ouverte puis immobilisée, sans oser se refermer.
La petite fille est entrée – je n’ai jamais su son prénom. D’abord interdite, elle a regardé tout autour d’elle, s’est
avancée à petits pas timides et m’a choisi.
J’ai senti ses doigts minces saisir mon anse, s’y cramponner pour me soulever. J’aurais voulu me faire plus léger.
J’étais si lourd pour ses bras frêles. Elle a marché, puis fouillé et arrangé la terre. J’ai salué des corolles de pétales.
Le lendemain, elle est revenue. A la même heure. Ensemble, nous avons fait plusieurs trajets, du robinet aux fleurs.
A demi-rempli, j’étais moins lourd. Moins lourd que son chagrin.
Est-ce que je pourrai oublier l’or de ses tresses sous le soleil ?
Chaque jour, ma vieille carcasse sentait la terre vibrer. C’était l’annonce de ses pas. La porte grinçait. Les petits
doigts me caressaient. J’éprouvais une étrange sorte de de bonheur, imparfait, car la consoler me semblait impossible.
Ses yeux étaient des océans de tristesse.
Elle se penchait, accroupie près de fleurs, elle parlait. Elle racontait sa vie de petite fille. Les jeux, les amies,
la nouvelle robe. Elle racontait avec des mots mouillés, son désespoir de petite fille, le manque, le chagrin.
|
A la fin de l’été, avant de me reposer à ma place, près du robinet, la petite fille m’a regardé longuement. Je n’ai pas
compris sur l’instant. Mais je crois que c’était sa façon de me dire adieu. Le lendemain, en vain, je l’ai attendue.
La nuit, entouré par la sarabande des feux-follets, je regarde la pierre là-bas. Sombre et froide. Figée parmi le marbre
et le granit, le gris et le noir. Je ne vois que cette pierre, celle sur laquelle la petite fille venait pleurer.
La petite fille m’a manqué. M’a beaucoup manqué. N‘est-ce pas stupide pour un vieil arrosoir comme moi ? Mais peut-être
que le cœur choisit la mélodie qu’il veut battre. C’était la voix de la petite fille qui m’avait donné le « la ».
Et je rêve. Je rêve de la petite fille. Dans ses songes, j’ai trouvé ma place. Je sais que dans son sommeil, elle crispe
ses doigts sur mon anse.
Depuis, le temps m’a apporté des brassées de chrysanthèmes. Je vieillis. De plus en plus, je suis tout cabossé. La relève
est prête, de beaux arrosoirs, flambant neufs, étalent leur plastique multicolore. Ils n’imaginent pas encore que jamais
aucun enfant ne les chahutera.
Le grincement de la porte m’a fait sursauter. Elle a grandi, dénoué ses tresses, beaucoup changé. Mais derrière son allure
de dame, j’ai reconnu la petite fille. La petite fille d’un été d’autrefois. Elle n’a pas eu un regard pour les autres
arrosoirs. C’est moi qu’elle a cherché.
Ensemble, nous avons refait le même trajet. Les fleurs s’étaient ressemées. Elles avaient bu, au gré des pluies ou d’autres
visites. J’ai retrouvé mon rôle de passeur…
De nouveau, ma carcasse vibre à l’approche de ses pas. Lorsque j’entends le glas de l’église, je sais bien qu’une main
viendra ouvrir le robinet. Alors j’espère très fort qu’un arrosoir neuf sera préféré. Il n’y a qu’elle pour moi et moi
pour elle.
Maintenant, lorsqu’elle s’accroupit près des fleurs, elle ne raconte plus les petites amies ou les jeux. Elle parle de
choses d’adulte désormais. Mais sa voix tremble encore et meurt dans un sanglot. L’absence et le manque n’ont pas d’âge.
Hier, elle a demandé au gardien du cimetière s’il avait encore besoin de moi. Je crois qu’il a compris quelle sorte de
tendresse nous unit. Pour la première fois, cette nuit, je n’ai pas dormi au pied des tombes.
Les saisons se sont succédées. Le chagrin ne s’est pas tari. Mais petit à petit, je sers aussi à arroser d’autres fleurs.
Et là-bas, lorsque nous nous penchons au-dessus de la pierre, au bout de l’allée, un rire d’enfant s’envole parmi mes
gouttelettes.
De sous la terre,
Ou au fond,
Que sait-on de la vie qui continue ?
|
Copyright : Bernadette Nozarian
|
|
|
|
Les aventures du Petit Ver de Terre
|
© Zine et Shabnam
|
Un petit ver de terre,
très curieux et lassé de l’obscurité souterraine,
entendit soudain un drôle de clapotement.
Il s’immobilisa
et écouta plus attentivement.
Aucun doute,
les gouttes de pluie
l’invitaient à explorer le monde.
Il se tortilla d’un côté,
se tortilla de l’autre,
traversa des mottes de terre
sèches et dures,
des plus molles, puis des mouillées
et arriva tout à coup à l’air libre,
ébloui par l’accueil du soleil et de la pluie,
réunis au-dessus de lui,
tandis que les fleurs,
charmées par sa jolie couleur,
l’enveloppaient de leur parfum.
Le petit ver de terre se trémoussa de bonheur et d’envie.
Dans quelle direction commencer, que regarder, que sentir, que goûter, quoi écouter ?
Quelle belle aventure va commencer pour lui !
Chacun de nous peut écrire la suite de cette histoire, alors j’attends impatiemment vos textes et vos dessins.
© Bernadette NOZARIAN
|
La coccinelle et la rose
|
|
Je suis une petite rose
encore en bouton
bientôt éclose.
Oh, voilà des pucerons
d'abord sur ma tige,
puis sur mon bouton !
Ils sucent ma sève
pour fabriquer leur miellat
et les fourmis les protègent.
Coccinelle, ma belle,
au secours, au secours,
coccinelle, ma belle !
Allons, calme-toi,
petite rose en bouton,
je vole vers toi.
Je vais te débarrasser
de ces pucerons gloutons
en dix bouchées.
Merci coccinelle,
je me sens beaucoup mieux,
parfumée et toute belle.
© Bernadette NOZARIAN
|
© Emilia et Pierre
|
Albums jeunesse
|
|
J'ai conçu, rédigé et publié des albums pour enfants, sous le pseudonyme d'Elizabeth
Reichling :
- Le bébé de printemps, 1995 : un dialogue entre un foetus et sa mère.
Cet album est présenté à la page newsletter de ce site
http://www.mangerbio-eatingorganic.net/newsletter.html
Il est illustré par Caroline Fontaine, sous le pseudonyme de Lancelotte Fontaine, l'illustratrice de Balthazar
http://catalogue.editions-hatier.fr/siteseducation/
|
|
- Cher Père Noël, 1996 : un enfant écrit une lettre au Père Noël...., album de
coloriage (épuisé)
|

|
|
- Moi aussi, je jardine, 1997 : une tendre histoire entre un enfant et sa fleur,
album de coloriage (épuisé)
|
|
- Mouchoir brodé et les gouttes de lait, 1997 : l'allaitement raconté à travers le
long voyage de Mouchoir brodé, qui goutte à toutes sortes de lait (épuisé)
|
|
|
Ateliers d'écriture en milieu scolaire
|
|
Dans la ville, des enseignants des deux écoles primaires avaient organisé un
concours : Livre-toi. La première année, le thème était : Fais-moi peur. Différents
prix ont été décernés : 1er, illustration, meilleur récit, logique du récit, plus
belle une, participation, poésie et théâtre. L'année suivante, le thème était :
Enfants d'ici et d'ailleurs. 18 livres ont été rédigés. A chaque fois, les livres
ont été exposés à la bibliothèque municipale, des séances de lecture organisées et
des articles publiés dans le journal municipal et départemental. Chaque semaine, je
venais dans la classe de CP (Cours préparatoire) avec ma fille. Les enfants avaient
6 ou 7 ans. Nous inventions l'histoire, l'écrivions, l'illustrions, décidions de
l'ordre des pages, des dessins, de la couverture. Il fallait imaginer les
personnages, leur donner un nom qui plaise à tous, que chacun participe à ce livre,
selon son talent. Nous avons tous été très fiers de cette réalisation. Les livres
étaient souvent grands, avec des couvertures très colorées, cela a fait une bien
jolie exposition à la bibliothèque. Les classes que j'ai accompagnées ont écrit La
belle rencontre d'Alexandra, en 1997/98 et La Peur de Lulu en 1996/97.
|
|
Journées de la lettre
|
|
En mai 1997, le receveur de la poste de ma petite ville m'a demandé de l'aider à
organiser Les Journées de la lettre, une manifestation qui avait lieu dans toute la
France. Avec mon amie Caroline, celle qui a illustré Le bébé de printemps, nous
avons installé une exposition dans la poste, avec un petit bureau et un sèche-linge.
Les gens venaient s'asseoir à ce petit bureau bleu, y écrivaient des lettres, les
envoyaient ou les accrochaient au sèche-linge comme si c'était du linge. Il y a eu
beaucoup de monde à la poste cette semaine-là, les gens passaient voir s'ils avaient
du courrier accroché au sèche-linge, des classes entières sont venues écrire et
accrocher leur courrier, des gens ont redécouvert le plaisir d'écrire et de recevoir
une lettre. Sur le modèle des 10 droits imprescriptibles du lecteur de Daniel
Pennac, dans son livre Comme un roman, j'ai inventé les 10 plaisirs de la lettre qui
ont été distribués dans toutes les boîtes à lettres de la ville.
|